Photo perso ^^ ne pas la prendre
Printemps« Avec eux, on est direct dans l'émotion »
Franck Dubosc égrène ses souvenirs avec "Jean-Claude""Il était une fois Franck Dubosc", c'est "Ma vie, mon oeuvre" ?
C'est plutôt ma vie que mon oeuvre. Et bien entendu, ce sont des moments choisis dans ma vie ! Forcément les moments les plus marquants et ceux qui ont suscité le plus de rires, dont on s'est moqué plus ou moins. C'est-à-dire la naissance, le petit bébé qui prend son bain, l'adolescent, les premiers boutons, la première relation sexuelle, le premier petit appartement, le premier job, les premières vacances..
. C'est un peu un florilège de toutes les premières fois ! Dans le déroulé de cette vie, quelle est votre époque préférée ?
Dans ma vraie vie à moi, c'est toujours l'époque que je vis, je ne suis pas d'un naturel très nostalgique. Raconter ma naissance et moi bébé, c'est forcément de la fiction puisque je ne m'en souviens plus, mais c'est peut-être la période qui me plaît le plus.
Il y a donc aussi de l'émotion dans votre spectacle ?
Je me rends compte en jouant qu'une bonne partie de ma vie se fait du vivant de mon père, et cela me permet d'être encore avec lui pendant une bonne partie du spectacle. Oui, ce spectacle est émouvant à jouer pour moi. L'émotion pour le public, je ne l'amène qu'à la fin. J'avais envie de ne pas me lamenter sur mon sort, de n'être que drôle. En revanche, à la fin effectivement, je me laisse aller à quelque chose d'un peu plus émouvant en évoquant ma vie de personne âgée.
S'imaginer en octogénaire, ce doit être très particulier ?
Oui, ça fait bizarre. Ce personnage prétentieux, mythomane, frimeur, ce personnage qu'on me reproche quelquefois d'ailleurs, j'avais envie de montrer ce qu'il pouvait devenir. Quand je le montre à 84 ans, évidemment, je ne me vois pas, moi, comme ça. C'est intéressant de voir cette évolution. C'est une manière de dire que ce personnage, je l'aime, j'aime le jouer, mais que je ne suis pas ce personnage. Heureusement... Je n'aimerais pas finir comme lui, seul, en ayant aimé des femmes, mais seul à la fin de sa vie.
Le personnage du "quéqué", le frimeur, il vous colle vraiment à la peau aux yeux d'une partie du public ?
Oui, le problème, c'est que les gens croient que je refais le personnage. Non, je continue de faire ce personnage. Coluche a tenu son personnage jusqu'à la fin de ses jours, alors que dans la vie, il n'était pas ce personnage avec une salopette, un nez rouge, une espèce de prolétaire. Il avait choisi une façon de s'adresser au public. Moi, j'ai choisi un autre personnage. Et dans mon spectacle, la clé se trouve à la fin. J'explique que c'est pour plaire au public que j'ai créé ce personnage de frimeur.
Au fait, d'où tirez-vous ce personnage ?
Tout bêtement. Quand j'ai commencé à faire des sketches, j'étais dans un bar restaurant et le patron m'a dit : "Tu vas raconter ta vie". Or, ma vie n'était pas plus intéressante que ça à raconter, il ne s'y passait pas grand-chose. Donc, j'ai enjolivé et exagéré les choses. Voilà comment le personnage est devenu mythomane et frimeur. En plus, c'était un moment où les comiques aux beaux yeux, il n'y en avait pas encore vraiment. Je n'avais pas une tête de comique. N'ayant pas la tête, j'ai fabriqué le verbe. Je conçois que les gens puissent ne pas aimer ce personnage, mais c'est ma manière à moi de grossir le trait. Certains font le petit gros rigolo, moi je joue sur le vieux beau grisonnant frimeur. Je me suis taillé mon costume de comique.
Vous retrouvez le public après les caméras du cinéma : votre préférence ?
Ah, le public, largement, sans aucune hésitation ! Avec le cinéma, on est très exposé, et on impose des choses. Alors qu'en spectacle, je suis là, les gens que je rencontre ont envie de venir me voir et tout à coup, je ne m'invite plus à dîner, j'invite à dîner. Et je reprends beaucoup d'amour. C'est très agréable.
Cinéma, spectacles... Vous avez du temps pour faire autre chose ?
Je commence à en trouver un peu plus. Je veux faire un bébé, donc il me faudra un peu plus de temps...
Vous avez des projets après votre tournée ? Un film cet été avec Bénabar. Et d'autres projets de films, mais on verra après.
Un message pour le public perpignanais ?
Gardez-moi un peu de soleil et l'accent qui passe à travers les nuages !